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Let's have a drink and talk • | Ft. Karen

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Takeuchi Miya» Admin ♥
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Dim 18 Mar - 15:28
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"Let's have a drink and talk"
ft. Karen


De tout ce qu’on lui avait dit, Miya n’était pas une femme comme les autres. Elle était unique en son genre et d’une certaine manière, elle voulait bien le croire. Elle avait un mental de fer, elle n’abandonnait jamais et se donnait toujours les moyens pour réussir. Certainement que rien qu’en sachant son métier, on devinait rapidement à quel genre de femme on avait affaire. Ce n’était pas n’importe qui qui pouvait être pompier, particulièrement lorsqu’on savait comment celles-ci étaient vue dans la culture japonaise. Elle était contre cette vision et l’aurait toujours été. Pourquoi sous prétexte qu’elle était une femme, elle devait automatiquement être qualifiée comme un être faible ? Non, elle n’était pas d’accord et se battait pour prouver ses valeurs. Elle se battait toujours plus quand elle allait sur le terrain et qu’elle n’éprouvait aucune crainte à traverser les flammes. Ses collègues la respectaient bien que ça ne les empêchait pas de la charrier de temps en temps mais la jeune femme avait un si fort caractère qu’elle avait toujours la bonne répartie. Probablement le pourquoi on évitait de trop souvent lui chercher des noises, elle était maligne et fourbe, elle revalait ses propos tôt ou tard. Toutefois, on l’appréciait, certains l’admirait même autant que d’autres continuaient de la jalouser pour réussir dans un domaine où on souhaiterait la voir échoué. Elle n’avait pas changé tant que ça comparé à celle qu’elle était autrefois. Cela prouvait que, depuis toute petite, Miya ne s’était jamais cachée et avait toujours été fidèle à elle-même. Elle était cette bouffée d’air frais qu’on voyait tout juste passée tant elle était venait aussi vite qu’elle disparaissait. On la voyait ici avant de la retrouvait là-bas. Sociable était sûrement un mot trop fin pour décrire la personnalité de cette demoiselle. Cependant, si elle aimait le monde, si elle aimait les gens, elle ne s’attachait pas aussi facilement que ce qu’elle faisait croire mais paradoxalement, nombreux étaient ceux à s’attacher à elle et la vouloir dans leur vie. Ce n’était pas de la mauvaise foi, ou de la mauvaise volonté, c’était simplement qu’elle appréciait la vie comme elle venait, qu’elle était libre d’esprit, elle ne se prenait jamais la tête. Elle était toujours sincère, si elle n’aimait pas quelqu’un, cela se lisait aussitôt dans son attitude mais il n’y avait pas grand monde qu’elle ne portait pas dans son cœur. Mais il s’agissait que du début de son existence donc des personnes à détester, elle aurait le temps d’en avoir en grandissant.

Pour l’instant, c’était le cadet de ses soucis. La journée avait été éprouvante, ni elle ni ses collègues n’avaient eu le temps de se poser et la vérité était que c’était ainsi chaque jour. La seule pause qu’ils avaient était la pause déjeuner qui durait en général au maximum trente minutes et au minimum cinq… Quand il pouvait en avoir une, bien sûr. Néanmoins la jeune femme ne s’en plaignait pas, elle s’était habituée à ce rythme de vie et elle aimait ce travail. Elle comprenait de mieux en mieux pourquoi plus jeune elle avait vraisemblablement choisie cette voie. Et ce qui était le plus intéressant dans ce métier, ce n’était pas les heures passées à éteindre les flammes ou à sauver les victimes coincées à l’intérieur d’un bâtiment mais la bière qu’elle prenait à chaque fin de journée pour récompenser tous ses efforts. Parce que oui, elle était une femme et oui, elle buvait de la bière sans la moindre honte. On commençait à la connaître ici à présent, elle y venait pratiquement tous les soirs… Elle aimait cet endroit, elle aimait les personnes qui y travaillaient et ces clients réguliers qu’elle croisait parfois et avec qui elle appréciait plaisanter. Parmi tous ces individus, il y avait cette serveuse, Karen. Dire qu’elle la connaissait était un bien grand mot toutefois elles discutaient souvent toutes les deux, que ça soit de la journée qu’elles venaient de passer, des anecdotes qu’elles avaient entendu à la télévision ou même de leurs avis sur des produits de beauté. Pas besoin de déblatérer sur toute sa vie pour s’entendre avec quelqu’un n’est-ce pas ? Miya en tout cas appréciait venir ici et discuter avec cette jeune femme, ça lui changeait de l’ambiance du travail puisqu’elle était la majorité de son temps en compagnie d’hommes.

Et c’était justement parce qu’elle avait l’habitude de se rendre dans ce bar qu’elle avait pu prêter attention aux différences dans le comportement de l’autre jeune femme. Sa fatigue, elle l’avait déjà remarqué à plusieurs reprises et ne s’était d’ailleurs pas gênée de lui répéter de se reposer, de faire attention à elle. Cependant aujourd’hui, quand elle l’observait alors qu’elles parlaient comme chaque soir avant la fermeture, elle pouvait voir que quelque chose avait changé dans la lueur de ses yeux… Ce n’était plus une question de santé, c’était autre chose. Un faible soupir traversa ses lèvres avant qu’elle ne les trempe dans sa pinte de bière. Miya n’avait pas cherché à relancer la discussion, se contentant de la fixer tandis qu’elle reposait son verre sur le comptoir devant elle. « Qu’est-ce qu’il t’arrive ? » La questionna-t-elle d’une voix calme et bien plus sérieuse que précédemment. « Et ne me dis pas rien, je ne suis pas aveugle. » Pas encore du moins. Elle avait 10/10 à chacun de ses yeux mais c’était un détail dont tout le monde s’en fichait à l’heure actuelle. « Est-ce que je dois aller frapper quelqu’un ? » Idiote. Pourquoi tout résoudre aussitôt par la violence ? En soit, même si elle avait pratiqué les arts martiaux et qu’elle se débrouillait plutôt bien, Miya n’était pas de celles qui prônaient la bagarre. C’était juste sa manière de lui faire comprendre qu’elle la soutenait et qu’elle était de son côté. Elle appréciait beaucoup Karen et elle n’avait pas envie que celle-ci souffre pour une raison qu’elle ignorait.    



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Hayashi Karen»
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Dim 18 Mar - 18:42
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Lat's have a drink and talkKaren & MiyaDure journée, comme toujours. Mais comme à ton habitude, tu fais comme si tout allait bien, une couche d’anti-cerne pour masquer tes nuits blanches, un peu de fond de teint pour masquer ton teint pâle, un sourire pour dissimuler cette douleur. Tu fais semblant, ça devient de plus en plus dur, mais tu tiens bon, tu continues de faire comme si tout allait bien, comme si le revoir deux fois à quelques jours d’intervalles ne t’avait pas touché, comme si tu n’en avais plus rien à faire de lui, comme si tu l’avais oublié depuis ce jour où vous êtes restés enfermés dans cette librairie. Tu gardes la tête haute, tu tentes de rester la tête en dehors de l’eau, mais plus les jours passent, et plus c’est difficile. Tu es détruite, tu fais comme si c’était faux, comme si tout allait bien dans ta vie, mais ce n’est qu’une illusion, une image que tu tentes de préserver au péril de ta santé, aussi bien morale que physique. Tu es épuisée, mais tu continue de faire bonne figure, parce que ça marche, parce que personne ne semble réussir à voir cette détresse dissimulée sous de faux sourires. Personne ne semble pouvoir lire en toi comme lui le pouvait, au fond, ça t’arrange, personne ne te pose de questions, alors tu continues de faire semblant, tu continues de te laisser mourir à petit feu, parce que tu ne sais plus faire autrement, parce que tu as oublié ce que c’est que de se battre, tu as oublié ce qu’était le bonheur, alors tu te laisses aller, ça semble plus simple, moins douloureux, tu te voiles la face, mais ça te convient, parce qu’au fond, tu te dis que c’est sans doute ce que tu mérites, alors tu continues, tu continues jusqu’à ne plus pouvoir te relever comme tu l’as toujours fais, tu fais avec, tout simplement.

La fin de la journée approche, encore quelques heures et tu pourras rentrer chez toi, te poser sur ton lit et regarder la télé, tenter d’oublier en te plongeant dans ces séries. Parce que c’est la seule chose que tu sais faire, parce que c’est la seule chose qui t’aide à oublier, parce que depuis ce jour, tu n’oses plus te rendre dans cette librairie, parce que tu crains de le croiser à nouveau et de ne pas le supporter une nouvelle fois, trop pour toi. Alors tu t’es plongée dans les séries, tes soirées se résument à ça. C’est pitoyable, tu le sais, mais tu fais comme si ce n’était pas le cas, parce que tu t’es persuadé que cette vie te convient. La porte s’ouvre, un nouveau client, tu n’y prêtes pas vraiment attention, trop concentré à ressuyer cette tasse que tu tiens depuis cinq bonnes minutes. Ce n’est que lorsqu’elle te parle que tu lèves la tête pour la reconnaître. C’est une habituée du café, tu la connais depuis un moment maintenant, vous parlez souvent avant la fermeture. Alors tu fais comme d’habitude, tu discutes avec elle, tu fais comme si tout allait bien. Mais elle ne semble pas dupe, elle le remarque, elle te le fais remarquer. Elle te demande ce qu’il t’arrive, et toi, tu ne veux pas répondre, parce que tu ne sais pas toi même ce qu’il t’arrive, parce que tu n’acceptes pas encore d’admettre tes erreurs, de reconnaître qu’au contraire de ce que tu essaies de te convaincre, il compte encore pour toi, il compte toi comme il comptait à l’époque. Mais c’est trop dur, trop douloureux, alors tu refuses d’accepter cette réalité, tu préfères te laisser périr lentement.

-T’inquiètes, je suis juste épuisée, les journées sont longues ces derniers temps.

Tu essaie de répondre de manière convaincante, tu ne sais plus vraiment si c’est elle que tu essais de convaincre, ou toi. Ton cerveau est inapte à réfléchir, il n’en est plus capable depuis longtemps. Tu n’es plus l’ombre que toi même, tu agis par réflexe, simplement. Tu sais qu’elle n’est pas dupe, sa manière de te le dire te le prouve. Mais tu ne sais pas quoi répondre, parce que tu ne sais pas ce qui ne va pas, parce que tu n’arrives plus à te comprendre, c’est comme si tu étais simple spectatrice. Pourtant, sans réfléchir, sans même savoir pourquoi tu la poses, cette question sort de ta bouche sans que tu n’ais le temps de la retenir.

-Dis, tu es déjà tombée amoureuse?

Pourquoi cette question, tu te le demandes. Mais c’est vrai, au final, c’est quoi l’amour? Qu’est-ce qu’on ressent quand on est amoureux? Tu ne t’es jamais posé la question. Mais en y réfléchissant, tu te rends compte que tu ignores tout de ce sentiment, tu ne sais pas comment il rend, tu te demandes. As-tu déjà été amoureuse? Tu te demandes si ces sentiments que tu tentes d’ignorer sont de l’amour, tu l’ignores, tu n’y connais rien. C’est peut-être ça qui te fait peur, reconnaître que ce que tu ressens, ce que tu tentes d’ignorer, c’est de l’amour. C’est sans doute pour ça, que tu continues de faire comme si de rien était, de faire comme si tu n’éprouvais aucun regrets, aucuns remords, mais est-ce vraiment le cas? Tu l’ignores, tu ne te reconnais plus vraiment, tu as l’impression d’être une inconnue pour toi même… Ton regard est posé sur elle, tu attends sa réponse, tu te demandes si elle saura te répondre...
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Takeuchi Miya» Admin ♥
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Dim 18 Mar - 20:19
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"Let's have a drink and talk"
ft. Karen


Miya n’était pas dupe. Elle savait parfaitement faire la différence entre une fatigue intense et une souffrance plus psychologique. Elle y faisait face tous les jours, rencontrant des cas aussi distincts les uns des autres. Nombreux étaient ceux à lui sourire, lui déclarant qu’ils allaient bien en la suppliant de sauver d’abord leur mère, leurs enfants, ou n’importe quel autre proche et ce, mêmes s’ils étaient en train de souffrir le martyre, ils favorisaient ceux qu’ils aimaient d’abord. C’était admirable, respectable et elle ne pouvait pas leur en tenir rigueur, ce genre de comportement était magnifique. Encore plus lorsqu’elle parvenait à sauver les deux. Et dans les autres types de personnes, il y avait les plus lâches, ceux qui ignoraient comment réagir face à un tel incident et qui pleurait, hurlait, priant à ce qu’on vienne les sauver au plus vite, parce qu’ils avaient peur, qu’ils étaient terrifiés. Une attitude que la jeune femme ne pouvait pas juger non plus… C’était normal, après tout. Chaque être humain avait sa façon de se comporter, sa façon de voir les choses et dans les moments dramatiques, on ne réfléchissait malheureusement pas toujours. Dans quel état était-elle quand elle avait eu son accident ? Personne n’avait pas été en mesure de lui répondre ni même de lui décrire ce qui lui était arrivé exactement… Avait-elle été terrifiée ? Ou bien paniquait-elle à l’idée de ne pas avoir pu aider les derniers survivants ? S’en voulait-elle de rajouter du travail à ses collègues pour s’être retrouvée coincée dans un bâtiment en feu à cause d’une amie en qui elle avait confiance et qui l’avait trahi ? Cette réponse-là, elle ne l’aurait probablement jamais, à moins de récupérer l’entièreté de ses souvenirs qui lui avaient été effacés. Hors, son médecin avait été catégorique là-dessus, lui certifiant que dans son cas, récupérer la mémoire déborderait d’un miracle, qu’il y avait très peu de chance à ce qu’elle puisse se rappeler. Son problème était physique, il n’était pas psychologique et s’il y avait une possibilité à ce qu’elle se souvienne, celle-ci était plus qu’infime. C’était triste, la jeune femme n’avait pas pu dissimuler sa déception, souhaitant retrouver ce passé qui lui avait été enlevée toutefois, là encore, elle ne s’était pas laissée abattre. Tant pis. Qu’aurait-elle pu faire d’autre ? Pleurer, se lamenter, se morfondre sur son sort parce que sa vie était devenue si misérable ? Elle n’avait pas le temps pour ça. Elle en avait perdu assez pour le gaspiller de cette manière. On n’avait qu’une seule vie, avec ou sans souvenir, c’était son devoir d’en profiter. Ce qu’elle faisait d’ailleurs plutôt bien.

Evidemment, elle aussi avait des coups de moues, des moments où elle n’avait envie de voir personne et déprimer toute seule devant sa télévision avec un pot de glace entre les mains. Cependant du mieux qu’elle le pouvait, Miya essayait toujours de positiver, de se dire que ce n’était pas en pleurant sur son sort qu’elle parviendrait à s’en sortir. Puis, c’était une solution de facilité. Que devait-elle penser de Karen à l’heure actuelle ? Elle l’ignorait. Elle ne la connaissait pas assez pour se permettre de la juger seulement d’un naturel franche, elle n’aimait pas qu’on essaie de lui mentir alors que l’évidence se lisait sur son visage. C’était stupide. Mais elle voulait bien comprendre que ce n’était pas toujours facile de se confier, encore moins à quelqu’un qui n’était pas notre amie à proprement parler… « On ne t’a jamais appris que ce n’était pas beau de mentir. » L’avait machinalement repris la jeune femme dans un faible soupir mais d’une voix calme qui ne reflétait aucune once de reproche. Il s’agissait d’une simple constatation. Karen n’était même pas obligé de lui dire ce qu’elle avait si elle ne le désirait pas, il lui suffisait juste d’être honnête et d’expliquer qu’elle n’en éprouvait pas l’envie. Ses doigts s’amusaient à tapoter contre le verre de sa bière, qu’elle porta de plus bel à ses lèvres avant d’égarer ses iris en direction de sa vis-à-vis. « Non, jamais. J’ai eu quelques relations par ci par là mais c’est tout. » De ce qu’on lui avait raconté en tout cas et certainement que si elle avait déjà aimé par le passé, son cœur le sentirait n’est-ce pas ? « Pourquoi ? Tu as des problèmes avec ton petit ami ? » Ah, l’amour. C’était si compliqué… Et encore, elle était bien loin d’imaginer l’histoire qui touchait sa camarade, autant que sa propre histoire d’ailleurs. « Tu doutes de tes sentiments ? » Sans l’avoir jamais ressenti, elle pouvait facilement d’écrire le genre d’émotions l’amour provoquait. C’était à la fois doux et cruel. C’était avoir la tête dans les nuages, penser à l’autre sans arrêt même lorsqu’il est à nos côté, c’était lui souhaiter tout le bonheur du monde et être prêt à tout donner pour lui. C’était avoir son organe vitale qui menaçait d’exploser rien qu’en songeant aux bons moments et le sentir se compresser à n’en plus pouvoir respirer quand une dispute émergeait. C’était agréable autant que c’était affreusement douloureux. Un sentiment qu’on devait impérativement connaître une fois dans son existence. Ils le répétaient souvent dans les séries japonaises qu’elle regardait. Non ?


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Hayashi Karen»
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That's my job : Serveuse dans un café

Dim 18 Mar - 22:16
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Lat's have a drink and talkKaren & MiyaA sa réponse, tu soupires intérieurement, tu ne sais pas vraiment si tu es déçue de sa réponse ou non, peut être un peu. A ses paroles, ton coeur se serre sans que tu ne comprennes vraiment pourquoi. Non, tu n’as pas de petit ami, tu en as eu quelques uns, mais ça n’a jamais duré, ta seule relation qui a duré, ce n’était même pas une vraie relation… Pourtant tout le monde vous prenait pour un couple, tout le monde vous voyait comme tel, mais ce n’était pas réel, vous étiez de simples amis, même si vous y aviez ajouter quelques plaisirs, vous n’étiez qu’amis. C’est ce dont tu te persuades depuis des années, mais était-ce vraiment le cas? Non, sans doute pas, mais là encore, tu es trop butée pour le reconnaître, comme toujours… Elle te demande si tu doutes de tes sentiments. Non, comment pourrais-tu douter alors que tu nie leur existence?

-Je n’ai pas de petit ami.

Tu réponds simplement, tentant de dissimuler au mieux ce soupçon de tristesse et de nostalgie dans ta voix. Non, tu es célibataire. Est-ce que quelque chose changerait si tu étais avec quelqu’un? Est-ce que ça te permettrait d’oublier ton passé, d’aller de l’avant? Non, probablement pas, même si tu aimes croire le contraire. Comment serait ta vie si tu avais agis différemment, si tu avais choisis l’autre option, il t’es arrivé d’y penser, pourtant, tu chassais souvent cette idée d’un geste de la main, pas encore prête à reconnaître que tu avais peut être pris la mauvaise décision. Mais aujourd’hui, petit à petit, tout commence à changer dans ta tête, tout est embrouillé, tu ne sais plus vraiment quoi penser, tu ne sais plus quels sont tes sentiments. Tu as beau réfléchir, tout est emmêlé et rien n’en ressort, alors tu t’en contentes, tu fais avec. Tu continues de faire comme si. Parce que c’est devenu une habitude pour toi, alors tu fais avec, parce que c’est la seule chose que tu connais, parce que tu ne sais plus agir autrement.

-Je me demandais juste...ce qu’on était censé ressentir quand on aime quelqu’un…

Tu ajoutes ces mots sans vraiment réfléchir. Tu ne sais plus quoi penser, depuis que tu l’as revu, tu n’as de cesse de repenser au passé, à ces moments passés avec lui. Tu te demandes pourquoi, refusant d’affronter la vérité en face, parce qu’elle te semble trop douloureuse à accepter, alors tu cherches des réponses à cette question, des réponses que tu connais déjà, mais que tu préfères ignorer, parce que tu préfères trouver une autre raison, une raison moins difficile, une raison qui ferait moins mal. Tu essuies une tasse, cette même tasse que tu essuies depuis plusieurs minutes sans t’en rendre compte, tu essaies de penser à autre chose, parce que tu ne risques plus de le croiser. C’est ce que tu te dis, mais la vie semble vouloir faire croiser vos chemins inlassablement alors au fond, tu sais que tu vas le revoir et au fond, tu l’espères aussi, même si tu sais que de son côté, il ne veut plus te voir. Au fond, tu le comprends, parce qu’au fond, tu sais que tu as mal agi et il semble ne pas manquer grand chose pour t’en faire prendre conscience, mais en attendant, tu joues encore et toujours à l’autruche, parce que c’est devenu une routine simple à suivre, simple et indolore. Tu sens le regard de la jeune femme poser sur toi. Tu te demandes ce qu’elle peut bien penser de toi, te voir dans cet état, qu’est-ce qu’elle peut bien en penser? Tu l’ignores, tu préfères ne pas y penser. Parce qu’au final, est-ce que ça t’intéresse vraiment? Tu ne sais pas trop, ça fait bien longtemps que tu n’as plus fait attention à l’avis des gens, alors tu ne sais plus vraiment désormais, tu vis ta vie, une routine inlassable où tes gestes semblent se répéter indéfiniment, comme un travail à la chaîne. Tu ne vis plus vraiment, tu survis...

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Takeuchi Miya» Admin ♥
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Mar 20 Mar - 20:03
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"Let's have a drink and talk"
ft. Karen


Malheureusement, Miya n’avait pas la chance ni même le pouvoir de se rappeler de son passé. Hors, de ce qu’elle éprouvait au plus profond d’elle-même, elle ne semblait pas être de ses filles attachées à l’amour comme celles qu’elle voyait dans les dramas. Ces femmes-là, elle ne les comprenait pas et plus qu’avoir envie de les plaindre, elle voulait les secouer, les réveiller. Elles étaient faibles, niaises puis abandonner à la moindre impasse sans jamais essayer d’agir. Elles succombaient pour un rien, elles pleuraient pour un rien et lorsqu’elles étaient enfin en couple avec leur cher et tendre, elles étaient mielleuses à crever. La pompière ignorait si elle était ainsi auparavant néanmoins, à présent, à chaque fois qu’elle tombait sur ce genre de film ou de série, elle changeait la chaîne. Elle n’était pas une fanatique des romans à l’eau de rose. Elle préférait les relations plus compliquées, plus passionnées, plus intenses et qui ne s’arrangeait pas en seulement quelques minutes d’intervalle. Sa vision de l’amour était vaste et comme n’importe quelle femme, elle aussi avait envie de le connaître, découvrir ce que cela faisait d’être autant dépendante d’une seule et même personne. Seulement à ses yeux, ça ne devait pas être comme dans les films ou dans les romans… L’amour devait représenter une complicité hors du commun, des fous rires partagés à en pleurer, une sensation d’être libre, un bien être fou et inexplicable. Mais certainement que cette définition dépendait des personnes et de leur caractère. Certains le concevraient plus comme un besoin d’être sans arrêt avec sa moitié, toujours l’avoir auprès de soi, la serrer dans ses bras, la câliner, l’embrasser et ne plus jamais la lâcher alors que d’autres, comme elle, le verraient d’une toute autre manière. Elle avait beau être tactile, Miya ne faisait pas partie de celle qui s’imaginait constamment coller à l’autre… Elle avait besoin de vivre, de profiter, de rire et lorsqu’elle avait envie de se poser, retrouver ses bras chauds qui l’apaisaient et qui lui avaient, malgré tout, énormément manqué.
Puis, expliquer ce qu’était réellement un tel sentiment, était-ce possible ? Etait-ce quelque chose d’explicable en premier lieu ? Elle n’aurait su le dire.

Entendre Karen lui déclarait qu’elle n’avait pas de petit ami la fit automatiquement arquer un sourcil. D’accord, peut-être qu’elle n’en avait pas cependant au vue de l’expression qu’elle affichait, il y avait clairement une personne qui lui avait traversé l’esprit quand Miya lui avait posé la question. Etait-ce vraiment ça qui la rendait si déphasée en ce moment ? La jeune femme avait du mal à y croire… Elle voulait bien croire qu’être amoureuse n’était pas toujours aussi magnifique qu’on l’espérait, particulièrement lorsque la personne qu’on aime en aime une autre, néanmoins de là à se mettre dans un état aussi lamentable, elle refusait d’y croire.

Un soupir s’échappa de ses lèvres alors que reposant sa pinte sur le comptoir, ses prunelles s’égarèrent en direction de sa vis-à-vis. Sa réaction lui faisait penser à une lycéenne qui découvrait tout juste que les sentiments qu’elle éprouvait pour l’un de ses camarades de classe étaient plus que de l’amitié. C’en était presque mignon, même adorable. Une légère esquisse se dessina sur son visage sans qu’elle ne détourne le regard. « Tu sais, si déjà tu te poses cette question, c’est que tu l’as ta réponse. » A partir du moment où on commence à s’interroger sur ce qu’on ressent, c’est qu’automatiquement, il y a un problème quelque part. « Et que oui, t’es amoureuse de ce type. » Parfois, certains avaient besoin qu’on leur mette clairement les faits devant les yeux. Peut-être que la pompière se trompait, elle n’en savait pas grand-chose au final cependant de ce qu’on lui avait dit, c’était ça. Et la réaction de la serveuse la convainquait dans son hypothèse. « C’est vraiment ça ton problème ? » L’expression dans ses iris était sérieuse, ferme et pas une seconde, elle ne chercha à dévier ses prunelles ailleurs que sur l’autre jeune femme. « Qu’est-ce qu’il a de si bien ce mec pour que tu te mettes dans un tel état ? »



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Hayashi Karen»
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That's my job : Serveuse dans un café

Mar 20 Mar - 23:17
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Lat's have a drink and talkKaren & MiyaTu relèves la tête alors qu’elle te répond. Des paroles que tu ne veux pas accepter, parce que ça serait accepter ce que tu tentes de nier. Pourtant elle a raison, au fond de toi, tu sais qu’elle a raison, cette question, tu ne te la pose pas par hasard, non, tu le sais très bien. Seulement tu tentes de trouver des excuses, de dire que c’est faux, que tu ne ressens rien pour lui, que tu n’as jamais ressenti plus que de l’amitié pour lui, mais au fond, au fond tu sais très bien que c’est faux, que tu continues de te voiler la face parce que ça semble moins douloureux, parce qu’affronter ces sentiments te fait peur, parce que accepter ces sentiments, c’est accepter le fait que tu l’as sans doute perdu, alors tu continues de te voiler la face, parce que ça t’aide, parce que c’est plus facile d’accepter qu’il te déteste désormais. Pourtant, ses mots réveillent quelque chose en toi, ça devient plus difficile de lutter, plus difficile de continuer à faire l’autruche, à nier tes propres sentiments, parce que tu ne peux pas nier que tu n’as rien ressenti ce jour là, que le voir s’inquiéter ainsi, le voir blessé, tu ne peux pas dire que ça t’as laissé indifférente, au contraire. Au fond, tu sais très bien que tu étais inquiète pour lui à ce moment là, parce que le voir comme ça t’étais insupportable, parce que tu préfères le voir sourire, parce que tu préfères le voir heureux. Parce que le voir triste t’es insupportable. C’est pour ça qu’au fond, tu sais qu’elle a raison, mais tu refuses de le voir, parce que ça te fait peur, parce que ça serait admettre que tu as mal agi, parce que ce serait admettre que tu as perdu la seule personne que tu ais jamais vraiment aimé, et ça, tu ne peux pas, parce que c’est trop douloureux.

-Je ne suis pas amoureuse.


Tu as dis ces mots sans réfléchir, au final, tu ne sais pas si tu essaies de la convaincre elle ou de te convaincre toi. Mais le coeur ne ment pas, tu le sais, mais tu préfères l’ignorer.

-Justement, il est trop bien pour moi.

Ces mots sont sortis sans même que tu ne t’en aperçoive, tu les regrettes aussitôt, ils trahissent ton attachement, tu sais qu’elle n’est pas dupe. Tu viens de te contredire, mais c’est trop tard, tu ne peux pas ravaler ces mots, ils sont sortis, c’est trop tard. Alors tu restes là, le regard rivé sur cette tasse que tu tiens toujours, tu n’oses pas la regarder. C’est étrange, tu sens les larmes monter, mais tu refuses de craquer ici, sur ton lieu de travail, non, tu veux tenir bon, comme tu l’as toujours fait. Tu ranges la tasse pour essuyer un verre, tu frottes, tu frottes, tu essaies de te concentrer pour ne plus penser à rien d’autre, mais son visage t’apparaît sans que tu ne puisse l’effacer d’un geste de la main. Tu as de plus en plus de mal à dissimuler tes vrais sentiments, et ça t’énerve. Le verra posé, tes mains sont agrippés au rebord du comptoir, comme pour te redonner une contenance, comme pour réussir à garder en toi ce flux d’émotion que menace de sortir. Parce que tu ne veux pas craquer ici, non, tu ne pourras craquer qu’une fois chez toi, quand tu seras seule, sans personne pour te voir, ni t’aider, parce que tu t’entêtes à refuser toute aide, parce qu’au fond, tu te punies toi même de tes actes, inconsciemment, tu te punies d’avoir agi ainsi.

-Tu as déjà fais des erreurs? Je veux dire, de vraies erreurs, des erreurs que tu regrettes vraiment, des erreurs d’une telle importance qu’elles peuvent te hanter des années plus tard.


Tu parles d’une voix sombre, morne, encore une fois, tu as parlé sans réfléchir, comme si petit à petit, ces émotions prenaient le pas sur toi, t’obligeant à déverser tout ce que tu as sur le coeur, à enfin accepter le fait que tu as mal agi, à accepter que tu éprouves des regrets. Comme si, ces dernières années, il n’avait manqué que l’élément déclencheur pour te faire prendre conscience de ça. Ton regard est posé sur le comptoir, tu n’oses pas la regarder. Tu demandes quelle impression tu lui fais. Tu te demandes ce qu’elle penserait de toi si elle savait ce que tu as fais, il y a six ans de cela...


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Takeuchi Miya» Admin ♥
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Mer 21 Mar - 11:31
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La vie, qu'est-ce que c'était au final ? Quel en était son véritable sens ? Miya ne s'était jamais vraiment posée la question parce qu'elle estimait qu'il s'agissait d'une perte de temps et qu'elle avait d'autres choses à faire plutôt que s'attarder sur des futilités. Tout ce qu'elle souhaiterait au plus profond d'elle-même était de pouvoir retrouver la mémoire, rassembler chaque fragment de ses souvenirs puis construire son histoire. Ce n'était pas facile de vivre sans se rappeler de rien, de devoir toujours faire semblant de connaître sa vie d'avant alors qu'en réalité, il ne lui restait plus rien. Mais, elle refusait d'abandonner et de pleurer sur son sort sous prétexte que sa mémoire avait été effacée et qu'elle avait été contrainte de rester endormie pendant plus de trois ans. Peut-être s'agissait là d'une injustice, peut-être qu'elle ne méritait aucunement ce qui lui était arrivé toutefois c'était fait à présent et elle ne pouvait pas y revenir dessus. Certainement que si c'était à refaire, elle reproduirait exactement les mêmes gestes. On lui avait dit qu'à cette époque, sans répondre aux ordres du chef, elle s'était précipitée à l'intérieur d'un bâtiment en flamme afin de sauver les victimes restantes mais que ça avait failli lui coûter la vie. Est-ce qu'elle le regrettait aujourd'hui ? Non. Parce que c'était les risques du métier, parce qu'elle avait choisi cette voie en sachant pertinemment qu'elle pouvait mourir à tout instant hors parallèlement, elle luttait chaque jour pour être utile, pour permettre à des personnes de vivre un peu plus longtemps et c'était fantastique. Probablement que des erreurs, elle en avait fait par le passé, elle l'ignorait... Cependant une chose dont elle pouvait être sûre était que chaque décision qu'elle avait pu prendre, elle ne les avait sûrement pas regretté. Pourquoi regretter un choix qu'elle-même avait fait ? Puis si c'était le cas, afin d'effacer ses regrets, elle aurait tenté de les rattraper, des les corriger... Elle ne se serait pas laissée dévorer par ses démons qui la hanteraient. Miya avait une force hors du commun, elle ne lâchait pas prise, elle allait là où le vent la portait et si quelque chose la peinait, plutôt que se morfondre sur son sort, elle essayait de trouver une solution au problème. Puisque non, ce n'était pas en restant les bras croisés que ça arrangerait son cas n'est-ce pas ?

Son regard en direction de la serveuse, la jeune femme ne put s'empêcher de soupirer, quelque peu blasée, face à la réaction de sa vis-à-vis. Qu'est-ce que c'était que cette attitude complètement puérile ? Certes, elle ne pouvait pas confirmer que Karen mentait, elle ne pouvait pas savoir si cette dernière était vraiment amoureuse ou non, cependant tout dans son comportement lui prouvait le contraire. « Franchement, tu as quel âge ? » L'interrogea-t-elle, plus par ironie que parce qu'elle désirait obtenir la réponse. C'était sa manière à elle, franche et directe qu'elle était, de faire comprendre à l'autre demoiselle ô combien ses agissements étaient immatures et idiots. De plus, si elle connaissait déjà la réponse, elle ne lui aurait pas demandé de tels renseignements et c'était encore plus bête de s'entêter de cette façon... La pompière ne releva cependant pas, se contentant de mentionner l'homme qui paraissait accaparait les pensées de sa camarade. Et de nouveau, la réaction de cette dernière ne fit que confirmer un peu plus ce qu'elle songeait.
Sans prononcer un mot, sa bière en main, Miya l'avait observé discrètement, soufflant légèrement mais elle n'insista pas pour autant. La serveuse semblait prendre plaisir à mimer être forte, à ne pas vouloir s'exprimer hors tout ce qu'elle était en train de faire, c'était de s'enfoncer un peu plus... Il n'y avait pas de mal à être faible de temps en temps. Elle n'était pas ici pour la juger, seulement pour l'épauler et l'aider si elle en avait besoin. Probablement que leurs caractères étaient à l'opposé l'un de l'autre, que Miya n'était pas du genre à mâcher ses mots et qu'elle allait toujours droit au but donc ça pouvait en braquer plus d'un néanmoins l'intention était là.

En silence, elle porta sa pinte à ses lèvres, prenant quelques gorgées de sa bière avant que son attention ne se reporte sur la jeune femme qui, finalement, reprit la parole. Incapable de se retenir, doucement toutefois, elle souffla de plus bel, plongeant ensuite ses yeux aux creux des siens. « Va droit au but. » Lui dit-elle calmement mais tout aussi sérieusement. « Plutôt que tourner autour du pot pendant cent ans, explique ton problème. Ce n'est pas en sachant ce que j'ai fait ou pas que ça va t'aider. » Pas du tout. C'était un simple moyen de dévier le sujet, de le fuir puis de se trouver des excuses. Et ce n'était pas non plus parce qu'elle n'en avait pas vécu que Miya ne pouvait pas comprendre. « Qu'est-ce que t'as fait ? » Qu'est-ce qu'elle regrettait ? Qu'est-ce qui la rendait si misérable ? Était-ce si grave ? « Et ne t'avise pas à contourner le sujet sinon je te promets que ce n'est pas qu'un coup de pied au cul que je vais te mettre ! » Ses sourcils se froncèrent, faussement menaçante, alors qu'elle la dévisageait. Bien sûr, elle ne comptait pas réellement agir de cette façon toutefois si Karen s'amusait à encore fuir, Miya n'hésiterait pas à employer la manière forte.


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Mer 21 Mar - 18:53
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Lat's have a drink and talkKaren & MiyaTu t’entêtes à tourner autour du pot, à lui demander si ceci ou cela lui est arrivé, sans doute cherches-tu inconsciemment à trouver quelqu’un comme toi, quelqu’un qui a fait des erreurs, pas de simples petites erreurs, non, de vraies erreurs. Peut-être que si tu trouvais quelqu’un comme toi, alors peut-être la vérité serait-elle plus facile à accepter. Tu ne sais pas vraiment, tu ne sais plus, tu ne sais pas ce que tu cherches, au fond, tu gardes ce poids en toi, tu ne veux pas le laisser sortir, tu ne veux pas qu’il te soit enlever, comme si c’était une punition que tu t’infligeais. Pourtant, la jeune femme ne semble pas dupe et encore moins stupide, tu le sais, et elle te le dit. Elle te dit d’arrêter de tourner autour du pot, d’aller droit au but. Elle te demande ce que tu as fais, et tout d’un coup, comme si tu réalisais enfin l’ampleur de tes actes, tu n’as pas envie de lui dire, tu réalises que tu n’es qu’une lâche, une idiote, que tu mérites amplement qu’il te déteste comme tu le fais. Pourtant, tu n’es pas encore prête, non, c’est trop douloureux, tu veux l’enfouir au fond de toi, ne plus y penser, tenter d’oublier comme tu l’as toujours fait, en vain… Tu sens son regard insistant sur toi. Au fond, tu te dis que c’est peut-être ce dont tu as besoin. Alors un flux de parole sort de ta bouche, sans même que tu n’y fasses attention, comme si tu ne contrôlais plus ton propre corps, comme si c’était quelqu’un d’autre qui parlait à ta place.

-Une connerie, je ne fais que ça ces dernier temps de toute façon… Je l’ai abandonné, je les ai abandonné. J’ai été égoïste, je n’en voulais pas, j’ai été horrible avec lui, j’ai dis mots qui font bien plus mal que des coups. Ca ne devait pas arriver, ce n’était pas censé arriver!

Ces paroles semblent incompréhensibles, tu le sais. Tes mains agrippent le comptoire, blanchissant tes phalanges, tu serres au point de te faire mal.

-C’était mon meilleur ami...Non… Notre relation était plus qu’amical… Et c’est arrivé… Ce n’était pas censé arriver! J’ai tout gâché… Je n’ai pensé qu’à moi… Je n’en voulais pas, j’avais dit que jamais je n’en voudrais! Je n’étais pas prête! J’ai dis des choses horribles… Je n’aurais jamais dû dire ça…

Tu sens les larmes monter, tu ne les retiens pas. Tu te rends, tu cesses de lutter, tu cesses de faire comme si tu étais indifférente, tu dois te libérer de ce poids. Tu acceptes enfin de faire face à la vérité, mais ça fait mal. Tu sens ton coeur te serrer, tu fais une pause, tu endures, comme tu l’as toujours fait. Parce que c’est trop tard maintenant, parce que tu as mis trop de temps. Tu te tiens au comptoir, tu sens ce poids peser sur toi, tu sens tes jambes faiblir.

-C’est trop tard maintenant. Les regrets, c’est trop tard, ça ne change rien, ce ne sont que des mots, rien de plus. Peu importe que je regrette, peu importe que je tente de changer les choses, c’est trop tard, il ne me pardonnera jamais, plus jamais…


Les larmes coulent sur tes joues, tu les ignore, ton regard est vide, triste, mais tu gardes une expression neutre. Les souvenirs te reviennent, ces moments passés avec lui, ces moments d’intimité. Tu ne voulais pas l’admettre, encore maintenant, tu as du mal, tu ne veux pas accepter, parce que ce serait accepter la réalité, c’est trop tard… Ces mots résonnent en toi, comme une malédiction. Mais c’est de ta faute, tu le sais, tu as mal agi, et maintenant, tu dois t’y faire.
-Peu importe, de toute façon, je ne mérite pas quelqu’un comme lui.

C’est vrai, au fond tu le sais, il mérite mieux, quelqu’un de plus fort que toi, quelqu’un qui ne l’abandonnera pas comme tu l’as fais, quelqu’un qui sera là pour lui. Tu as échoué, et maintenant, tu dois faire avec. Tu ne sais pas si la douleur s’est atténué avec l’acceptation. Non, elle fait encore plus mal, ton corps te fait mal, ton coeur te fait mal, mais tu tiens bon, parce que c’est ce que tu as toujours fait. Tu n’oses pas la regarder, tu ne sais même pas si elle a comprit quoique ce soit à ton charabia. Tu as peur qu’elle te juge sévèrement. Mais finalement, tu es celle qui te juge le plus sévèrement, celle qui te punis depuis ce jour. Tu l’as toujours fais, inconsciemment, parce que tu t’en veux, parce que tu regrettes. Mais c’est trop tard, et ça te fait mal de l’admettre...



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Mer 21 Mar - 22:32
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S’il y avait bien une chose que Miya détestait était lorsque les personnes contournaient sans arrêt un sujet et n’allaient jamais à l’essentiel. Ça avait le don de l’agacer parce qu’elle ne comprenait pas ce que c’était censé apporter mis à part de faire perdre du temps à son interlocuteur. Pour Karen, c’était quelque peu différent, elle voulait bien comprendre que ça ne devait pas être simple d’exprimer un chagrin qui nous ronge depuis des années… Hors, plus on attendait, plus ce serait difficile d’en parler et plus la douleur serait intense. Cela lui arrivait de s’interroger parfois, de se demander s’il avait déjà éprouvé ce genre de sentiments par le passé, si elle aussi avait été rongée par les émotions au point de vouloir s’écraser et ne plus jamais se relever. Elle n’en avait pas l’impression toutefois elle ne pouvait malheureusement pas en avoir la certitude non plus. Cependant quand elle voyait le drame qui arrivait dans certaines familles, qu’elle les voyait perdre leur maison, un lien de sang à tout jamais, un membre de leur corps ou dieu ne savait quoi d’autre, elle se disait souvent qu’elle n’avait pas de quoi se plaindre. Ô bien sûr, c’était horrible de finir amnésique, c’était horrible d’avoir gâché trois années de son existence à cause d’un maudit coma mais elle au moins, elle était vivante, elle avait un appartement, des proches sur qui comptaient… Elle savait que si elle le désirait, personne ne l’empêchait de baisser les bras, de pleurer si le besoin se présentait parce qu’elle n’était pas invincible néanmoins plus que s’obliger à rester forte, elle puisait sa force en analysant la simple chance qu’elle avait de pouvoir se tenir debout et vivre convenable. Il y avait des tas de gens sur cette Terre qui donnerait tout pour avoir ne serait-ce que le quart de ce qu’elle avait. Même si elle ne s’en souvenait pas, Miya avait toujours eu ce petit côté positif, cette envie de toujours aller de l’avant et d’essayer de trouver une solution si quelque chose dans sa vie ne lui convenait pas.

Probablement qu’elle avait dû pleurer, probablement qu’elle avait déjà dû tomber mais probablement que jusqu’à présent, elle s’était toujours relevée. La vie n’était pas un conte de fée et si elle était simple, cela se saurait… Le but était de ne pas se laisser submerger, de savoir voir la lumière là où on ne pensait pas en trouver. Elle ne connaissait rien du passé de la serveuse, ni si ce qu’elle avait vécu était aussi dramatique que l’état de son visage qu’elle affichait aujourd’hui. Hors, elle avait envie de l’écouter, elle avait sincèrement envie de l’écouter et si elle devait la frapper à coups de pieds aux fesses pour la secouer, elle n’hésiterait pas à le faire.

Le regard rivé en sa direction, pas une seule fois, la pompière n’avait interrompu les explications de l’autre jeune femme qui semblait enfin plus entrain à s’expliquer. L’expression se mélangea entre incompréhension, stupéfaction, hébétement alors qu’elle n’était pas certaine de tout saisir ce que Karen racontait. De qui parlait-elle ? Elle avait rapidement fait le rapprochement avec l’homme qu’elle avait mentionné plus tôt, ce type que la serveuse qualifiait comme quelqu’un de trop bien pour elle hors pourquoi avait-elle dit « les ». Qu’est-ce qu’elle ne voulait pas ? Plusieurs hypothèses défilaient dans son esprit sans qu’elle ne les partage à haute voix pour le moment… Il y avait trop d’informations d’un coup et à la fois, pas assez. Mais, plus elle parlait, plus ses doutes se réduisaient et plus elle commençait à saisir de quoi il s’agissait. Du moins, elle y songeait. Cela lui paraissait évident même si Karen ne le disait pas clairement… Si on y réfléchissait et qu’on rassemblait chaque pièce du puzzle, l’évidence était bel et bien là.

Jusqu’au bout, Miya était restée silencieuse, non pas sans relever intérieurement ô combien sa dernière remarque pouvait être stupide. Ses agissements de l’époque, elle ne les commenterait pas parce que, premièrement elle ignorait sûrement de nombreux autres détails, deuxièmement parce qu’elle n’était pas ici pour la juger et que la serveuse n’avait pas besoin d’elle pour culpabiliser, ni pour regretter ses actes. « Vous avez eu un enfant, n’est-ce pas ? » Parce que malgré tout, elle avait besoin de cette confirmation, ne désirant pas s’aventurer dans des tonnes de propos alors qu’il y avait une possibilité à ce qu’elle se trompe. « Tu sais, Karen. Je ne vais pas te reprocher tes actes, je ne suis pas là pour ça puis ça ne changerait rien de toute façon. » Cela ne la ferait pas revenir en arrière ni corriger son comportement horrible de l’époque. « Mais qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Tu crois que c’est mieux de rester ici à pleurer et à ne rien faire ? » Ce n’était pas en sanglotant que, par miracle, sa situation s’arrangerait. C’était en agissant, en se bougeant. Ce serait bien si tout nous revenait rien qu’en claquant les doigts seulement la vie n’était pas aussi facile. « Tu as fait des erreurs, assume-les. » Sur ses dires, elle reposa son verre sur le comptoir avant de la contempler, un ton ferme se reflétant de ses mots. « Et ce n’est pas en attendant son pardon, que tu vas avancer. Tout ne va pas arriver vers toi comme par magie ! » Peut-être Miya semblait-elle sévère dans ses paroles et dans son attitude néanmoins ça n’avait rien de méchant, c’était pour réveiller sa camarade qui se voilait un peu trop la face à son goût. Là maintenant, elle n’éprouvait qu’une seule envie c’était de la secouer dans tous les sens pour qu’elle se reprenne. « Si tu regrettes les choses, dis-le ! Prouve-le ! Si tu veux qu’il te pardonne, alors accepte sa rancune et montre-lui que tu as changé ! » Ce n’était pourtant pas compliqué, si ? Un soupir se libéra de ses lèvres avant qu’elle ne farfouille dans son sac puis en prenne un paquet de mouchoir en papier qu’elle lui tendit. « Et sèche tes larmes, ça va aller. » Se radoucissant, elle lui offrit un tendre sourire qui se voulait plus rassurant. « Si tu veux que les choses s’arrangent, c’est à toi de tout faire pour ça. » Peu importait les impasses qui viendraient se dresser sur son passage.



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Mer 21 Mar - 23:02
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Lat's have a drink and talkKaren & MiyaTu te sens pitoyables, stupide, à être ainsi, les larmes qui coulent le long de tes joues. Tu te sens faible et tu n’aimes pas ça. Tu détestes être ainsi, mais tu ne peux rien y faire, tu as lutté trop longtemps, désormais tu n’y arrives plus, tu ne parviens plus à enfouir toutes ces émotions en toi, c’est fini le temps des illusions. Tu aimerais pouvoir effacer ça, effacer ces erreurs, effacer tout et recommencer, mais c’est impossible. Ce qui est fait est fait, tu le sais, mais tu ne peux t’empêcher d’espérer. Elle te laisse parler, tu te demandes si elle arrive à comprendre ce que tu dis, tellement tes paroles sont embrouillés. Alors elle te la pose, cette fameuse question, cette question qui remue cette plaie encore fraîche en toi, qui serre un peu plus ton coeur. Tu ne sais pas quoi répondre, pourtant, la réponse semble simple, elle est juste trop difficile à dire pour toi.

-Oui.


Un simple mot comme réponse. Cet enfant, tu ne le voulais pas, tu ne voulais pas avoir d’enfants. Mais c’est arrivé, et tu lui a dis des paroles horribles, des paroles que tu regrettes, mais que tu ne peux retirer. Les paroles de la jeune femme se firent plus durs. Pourtant, tu sais qu’elle a raison, que te morfondre ne servira à rien. Pourtant, tu sais aussi qu’il ne veut plus te voir. Même si tu t’excusais, même si tu lui prouvais que tu regrettes d’avoir agi ainsi, est-ce qu’il pourrait te pardonner? Est-ce que tout pourrait redevenir comme avant? Non, c’est ce que tu penses. Tu l’as trahi, plus jamais il ne pourra te faire confiance, cette révélation te blesse encore un peu plus.

-Lui prouver? Comment? Le simple fait de me voir l’insupporte! Peu importe ce que je ferais, il ne pourra jamais me pardonner entièrement! Ca ne pourra jamais redevenir comme avant!


Tu dis ces mots presque avec désespoir, sans vraiment t’en rendre compte. Tu acceptes les mouchoirs, t'essuyant les joues et les yeux.

-Mais je n’ai que ce que je mérite, après tout, c’est moi qui ai choisi de les laisser, moi qui suis partis alors que lui me soutenait. Je ne peux m’en prendre qu’à moi même.

Tu ne sais plus vraiment si c’est à elle que tu t’adresses, ou à toi. Non, tu ne sais plus. La seule chose dont tu es certaine, c’est que tu as gâché ta chance, que tu as perdu la seule personne que tu ais jamais aimé, et ça, ça te fait mal de l’admettre. Mais c’est la réalité, et la vérité fait mal. Elle a raison, tu le sais. Mais comment te faire pardonner? Comment lui prouver que tu as changé? Alors que lui ne veut plus jamais te voir? Tu ne sais pas. Tu ne vois pas comment faire, tu n’en as aucune idée. Pourtant, tu n’as pas envie de rester à te morfondre sur toi même, ça ne changera rien, maintenant que tu as enfin accepté de voir la vérité en face, tu ne peux pas continuer à te morfondre comme tu as pu le faire ces derniers jours. Pourtant, tu ne sais pas comment agir, tu n’es même pas sûre de le recroiser, même si au fond, tu sais que ce sera le cas, tu en es persuadé. Seulement, tu ne sais pas comment agir alors, comment aller vers lui, comment lui prouver que ce ne sont pas de simples mots, comment lui prouver que tu as changé. Tu l’ignores, tu as beau y réfléchir, tu ne trouves rien de concluant. Tu ne veux pas abandonner, mais tu ne sais quoi faire. Alors tu restes là, pathétique, tu le sais, tu te sens idiote, stupide, mais tu ne peux rien faire pour changer ça, parce que rien ne te vient à l’esprit, et ça, ça te frustre...




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Jeu 22 Mar - 17:29
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On lui répétait souvent qu’elle était spéciale, unique en son genre et qu’il n’y en avait pas deux des comme elle. Peut-être était-ce un compliment ou au contraire, peut-être devrait-elle se remettre en question néanmoins jusqu’à présent la pompière n’avait jamais ressenti l’envie de changer, rien que pour faire plaisir à ceux à qui son caractère particulier ne plaisait pas. Miya était franche, elle ne mâchait jamais ses mots même si ces derniers pouvaient blesser, elle allait toujours droit au but et ne cherchait pas à tourner autour du pot pendant des heures. Et elle préférait largement une vérité qui faisait mal plutôt qu’un mensonge qui soulageait… Ça n’avait aucun sens puis un mensonge se découvrait toujours tôt ou tard, créant des blessures encore plus profondes que si on avait choisi de dévoiler la vérité dès le départ. Certainement que nombreux étaient ceux qui la détestait pour son honnêteté et sa manière directe qu’elle avait de tout le temps s’exprimer toutefois il y avait des moments où il fallait accepter la réalité et arrêter de se voiler la face. Une réflexion qui valait également pour sa camarade à l’heure actuelle... Miya ne pouvait pas s’empêcher de songer que l’attitude de cette dernière était puérile, complètement immature même… Non, elle ne connaissait pas son passé, elle ne connaissait pas les raisons du pourquoi elle avait choisi d’abandonner son meilleur ami et son propre enfant et elle ne pouvait pas se permettre de juger une décision qu’elle avait prise des années en arrière, cependant elle avait tout à fait le droit de juger son comportement actuel. Lorsqu’elle l’observait, qu’elle l’écoutait, la jeune femme n’éprouvait qu’une seule chose, celle de se lever et de la secouer de toutes ses forces pour lui faire prendre conscience ô combien elle ne pouvait pas être plus pitoyable qu’à cet instant précis. Si elle regrettait sincèrement ses actes alors tout ce qu’elle avait à faire était de se battre, de le prouver et pas qu’avec des mots. C’était supporter l’amertume du père de son enfant, peu importait ô combien ce dernier serait cruel avec elle, peu importait ô combien sa rancœur serait immense… Puisque non, elle-même était en mesure de le comprendre, une telle rancune ne s’effacerait pas qu’avec de simples mots. Certainement qu’il faudrait des mois, voire même des années avant que l’homme soit capable ne serait-ce qu’accepter ses excuses sans pour autant lui pardonner. Hors, avec de petits gestes, de petites attentions, sûrement que peu à peu il noterait ses efforts et le poids de colère qui pesait sur son cœur s’apaiserait peu à peu. Tout sera trop beau si chaque chose pouvait s’arranger rien qu’en claquant des doigts ou avec quelques mots… Karen était en train d’en faire un pataquès, de se comporter comme une adolescente mais elle ne paraissait pas réfléchir sereinement à sa situation et la place importante qu’elle occupait dans cette histoire.  

La pompière ne détacha pas son regard de sa vis-à-vis, levant ses yeux au ciel face à ses derniers propos avant de souffler discrètement. « Et alors ? » L’interrogea-t-elle sérieusement « Qu’est-ce que tu comptes faire ? Attendre et que tout te tombe dans les mains ? » Elle lui avait déjà dit quelques instants plus tôt mais ce n’était pas en dramatisant sur son sort que le problème serait résolu. « Je ne te dirais pas que tu as tort ni que ce n’est pas de ta faute. » Elle ne comptait pas la plaindre non plus. « Parce que oui, c’est de ta faute et oui, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même. » Si comme elle le disait son ami était à ses côtés, qu’il était là pour elle mais qu’elle avait malgré tout choisi de s’en aller, peu importait ses raisons, elle était celle qui avait tort. « Malheureusement on ne peut pas revenir en arrière et corriger le passé. C’est comme ça, c’est trop tard. Mais si tu regrettes Karen, ce n’est pas en t’apitoyant sur ton sort que ça va changer quoi que ce soit ! » Ce n’était pas en jouant les adolescentes de quinze ans qu’elle avancerait, il serait peut-être temps de grandir un peu. « Qu’est-ce que tu crois ? Qu’après ce que tu as fait, il va soudainement se jeter dans tes bras ? Bien sûr que non ça ne pourra pas redevenir comme avant ! Peut-être même qu’il ne te pardonnera jamais et alors, pour cette raison tu vas quand même abandonner ? »  Dans le fond, Miya avait conscience qu’elle ne pouvait pas lui reprocher d’être faible et de ne pas réussir à surmonter cette impasse cependant si la serveuse persistait à agir ainsi, elle vivrait avec des regrets constants pendant toute son existence. « Assume tes responsabilités et si tu regrettes sincèrement, tu lui dis ! Agis ! Même si tu te fais jeter à chaque fois, tu continues ! C’est comme ça qu’on montre qu’on tient à une personne et qu’on s’en veut vraiment ! On agit, peu importe les conséquences. » Evidemment que ça ne serait pas simple, évidemment qu’elle risquait de tomber à plusieurs reprises néanmoins elle était celle qui avait commis une faute terrible à l’époque, et c’était le prix payé aujourd’hui.



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Jeu 22 Mar - 21:55
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Lat's have a drink and talkKaren & MiyaTu ne sais plus vraiment comment agir. Tu sais que les mots sont inutiles, tu sais que seules les actions comptent. Pourtant au fond, tu te demandes si tu ne devrais pas simplement passer à autre chose, oublier tout. Car au fond, tu es persuadée que peu importe ce que tu feras, ça ne changera rien, même si voir tes efforts pourraient effacer partiellement sa rancoeur envers toi, rien ne sera plus jamais comme avant. Alors tu te dis qu’il vaut sans doute mieux que tu sortes de sa vie. A tout jamais. Tu te dis que tu aurais sans doute dû ne jamais revenir à Tokyo. Au final, tu te demandes si accepter cette réalité était la meilleure chose à faire. Sans doute, oui. Ca t’enlèves un poids, mais au final, n’est-ce pas plus douloureux encore? Cette douleur pourra-t-elle s’atténuer au fil du temps? Tu l’ignores. Les paroles de la jeune femme te font mal, parce que tu le sais, tu sais très bien qu’on a rien sans rien, pour autant, tu te demandes si vraiment c’est une bonne idée. Parce qu’au final, dans tous les cas, tu sais que tu l’as perdu, peu importe que sa rancoeur envers toi s’amenuise au fil de tes efforts, ça ne changera rien au fait que tu l’as perdu, ça ne changera rien à ce que tu as fais une erreur, une erreur que tu ne pourras jamais réparer. Plus jamais tu ne représenteras ce que tu as pu être autrefois pour lui. Et ça, ça ça te fait mal, mais tu te dis qu’il vaut peut être mieux que tu passes à autre chose, que tu oublies, que tu trouves quelqu’un d’autre à aimer, et cette fois tu ne feras pas la même erreur.

-Parce que tu crois que je ne le sais pas? Tu crois que je ne le sais pas que ce n’est pas en restant à me morfondre que les choses changeront? Je le sais très bien! Mais à quoi bon? Même si je fais des efforts, que je lui démontre par des actions que je m’en veux, que je regrette. Qu’est-ce que ça changera? Tu crois que ça effacera l’ardoise? Qu’il me pardonnera complètement? Oui, c’est vrai, peut-être qu’après plusieurs années, il me pardonnera assez. Et alors? Tu crois vraiment que ça va changer quelque chose? Ca ne sera plus jamais pareil entre nous! Oui, c’est de ma faute, je le sais et crois moi, je pense que je me suis moi-même punis de mes actes! Mais peu importe à quel point je le supplierais, peu importe les actions que je pourrais faire pour lui prouver mes regrets, ça ne sera plus jamais comme avant, notre relation ne sera plus jamais comme avant. Alors à quoi bon?

Ponctuée de pause, tu débites ces paroles, tu te vides, tu laisses sortir tout ce que tu as sur le coeur. Tu te dis qu’il n’y a que ça qui pourra te soulager.

-Le mieux que je puisse faire, c’est de sortir définitivement de sa vie.

Ca te fait mal de le dire, mais c’est sans doute ce qu’il y a de mieux pour vous deux.

-Il mérite de trouver quelqu’un de mieux que moi. Quelqu’un qui sera une vraie mère pour no… son fils.

Tu t’es rattrapée à temps, ou presque. Tu ne t’es même pas rendu compte de tes mots. Tu as faillis dire votre fils. Pourtant, cet enfant tu ne l’as jamais vu, ce n’est qu’un inconnu pour toi, il partage ton sang et pourtant, tu ne le connais. Un simple inconnu. Tu ne sais même pas à quoi il ressemble, tu ne sais plus vraiment si tu aimerais le rencontrer ou non. Mais au final, tu te dis qu’il ne vaut mieux pas. A quoi bon lui montrer que sa mère biologique ne ressemble plus un rien. Qu’elle n’est plus que l’ombre d’elle même? Non, il vaut mieux pour lui de ne jamais te connaître, c’est ce que tu penses.

-Je sais que tu vas encore me dire que je ne suis qu’une trouillarde, une idiote. Mais lui souhaiter d’être heureux, sortir définitivement de sa vie pour qu’on puisse tous les deux passer à autre chose et être heureux, est-ce que ce n’est pas déjà suffisant?


Tu ne sais pas vraiment, la seule chose dont tu es certaine, c’est que tu n’en peux plus de te faire du mal à propos de ça. Tu te dis que c’est peut-être mieux de tirer un trait définitif sur le passé pour pouvoir enfin avancer.

-Je vais lui dire, lui prouver que je regrette. Ensuite, je pourrais sortir définitivement de sa vie et enfin passer à autre chose. Parce que ça ne sert à rien d’espérer, il n’y aura plus jamais cette relation que nous avons eu, c’est du passé. Je dois passer à autre chose.


Tu dis ces mots sérieusement. Pour une fois, tu fais face à cette vérité. C’est le mieux pour vous deux. Parce que tu sais qu’il n’y a plus d’espoirs pour retrouver cette complicité d’antan. Alors autant faire face à cette réalité pour ensuite pouvoir passer à autre chose.





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Dim 25 Mar - 14:27
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"Let's have a drink and talk"
ft. Karen


Quand elle l’écoutait, quand elle l’observait, Miya ne pouvait s’empêcher de penser ô combien Karen agissait comme une adolescente. Elle se braquait à la moindre petite chose, c’était à peine si elle écoutait les propos de la pompière puis continuer de se morfondre comme si elle était le plus à plaindre. Franchement, ce comportement était complètement puéril néanmoins la jeune femme ne relèverait pas puisqu’elle avait très bien compris que ça ne servait à rien et que quoi qu’elle dise, sa camarade ne l’écouterait sûrement pas. A quel moment avait-elle dit ou sous-entendu que si la serveuse faisait des efforts, ça effacerait tout, ça permettrait à son meilleur ami ne lui pardonner ne serait-ce qu’un peu ? Miya n’avait jamais dit cela. Elle lui avait même assuré qu’il y avait une forte possibilité à ce que ce dernier ne lui pardonne jamais et ce, peu importait comment Karen se comportait face à la situation. Le plus important n’était pas à ce que son amertume se dissipe et qu’il oublie tout afin que tous deux puissent retrouver cette relation d’antan. C’était d’enlever ce poids lourd qui résidait dans le cœur de la demoiselle, c’était affronter ses regrets puis avancer… C’était aussi avouer à celui qu’elle avait vraisemblablement aimé qu’elle s’en voulait et que si c’était à refaire, elle choisirait probablement de faire cette route à ses côtés. Et c’était complètement égoïste et immature que de vouloir retrouver ce qu’ils avaient autrefois en sachant le mal qu’elle avait pu faire à cette époque. C’était évident que l’homme ne lui ferait plus jamais confiance, que s’il était d’accord de lui donner son pardon, ce n’était pas pour autant qu’il l’accepterait dans sa vie. Il fallait être réellement stupide pour espérer une telle chose… Hors, malgré tout, Miya comprenait. Ce n’était pas facile que de faire face à ses erreurs après toutes ces années, ce n’était pas facile d’affronter tous ses regrets et ses remords. C’était normal au fond d’avoir envie de retrouver une période de notre vie où tout allait bien, où on était heureux toutefois ça n’en restait pas moins égoïste de le souhaiter à l’heure actuelle alors qu’on a conscience du mal qu’on a pu laisser dans le cœur de quelqu’un. Seulement Karen semblait vouloir s’enfoncer encore et toujours, alors que pas une fois la pompière n’avait tenté de la rabaisser. Elle s’était contentée d’étaler les faits et d’essayer de la secouer afin de la réveiller. Elle ne lui reprochait rien de ses agissements d’autrefois, elle n’était pas là à ce moment là et ça ne la regardait pas… Elle se doutait que sa camarade culpabilisait assez pour lui faire la morale de toute façon, celle-ci ne serait pas dans un tel état aujourd’hui si elle ne s’en voulait pas.

Un faible soupir sortit de sa bouche avant que, portant son verre à ses lèvres, elle avait dévié son regard en direction de sa vis-à-vis. Personne ne lui demandait de rester dans la vie de ce garçon et c’était probablement le détail le plus important que Karen ne paraissait pas comprendre. Tout ce que Miya disait était que la jeune femme ne devait pas vivre avec tout ce poids sur le cœur, qu’elle devait s’en alléger et l’avouer à l’auteur de toutes ses peines. Pas plus pas moins. C’était Karen elle-même qui avait déclaré que c’était inutile de le dire et de le prouver, qu’il ne la croirait jamais et c’était la raison pour laquelle la pompière lui avait conseillé de se battre, puis de lutter. La jeune femme était quelque peu illogique dans sa manière de s’exprimer cependant elle n’avait pas relevé non plus, plaçant cela sur le coup de l’émotion. « Je n’ai jamais dit le contraire. » Répliqua Miya d’un ton calme, une fine esquisse se formant aux coins de ses lèvres. « C’est sûr que tu dois passer à autre chose. » Elle ne l’avait jamais poussé au contraire, ce serait la conduire à sa perte que d’agir de la sorte. « Tout ce que je dis c’est que, ce que tu viens de me dire, tu ne dois pas le garder pour toi. Qu’il l’accepte ou non, c’est à toi de prouver que tu regrettes. » Ce n’était pas à lui de venir vers elle et de faire le premier pas. C’était à elle de changer, de se reprendre, de montrer que oui, elle avait conscience de chacune de ses erreurs et qu’elle s’en mordait les doigts à présent.



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Hayashi Karen»
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That's my job : Serveuse dans un café

Mar 3 Avr - 11:52
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Lat's have a drink and talkKaren & MiyaTu ne fais pas vraiment attention à ce que tu dis, au final tu n’es même pas sûre de réellement comprendre l’importance de tes mots. Tu te contredis sans t’en rendre compte, un coup tu dis que tu vas le laisser, lui souhaiter d’être heureux, tout simplement, puis tu dis que tu vas lui prouver que tu regrettes avant de sortir définitivement de sa vie. C’est paradoxal, mais tu ne t’en rends même pas compte, au final, tu as juste envie d’en finir avec cette histoire qui te pèse depuis tout ce temps, bien que tu ai toujours chercher à ignorer cette réalité. Mais tu ne peux plus faire marche arrière, et te morfondre sans cesse, tu es fatiguée et lasse de ça. Tu dois passer à autre chose, tu le sais, alors tu n’as pas d’autres choix que de libérer ce poids, de lui avouer que tu regrettes, que tu as mal agi, même si il y a de fortes chances pour qu’il ne te pardonne jamais, au moins tu te seras libérée de ce poids qui te pèse un peu plus chaque jour. Tu ne sais pas vraiment ce que la jeune femme pense de toi, sans doute te trouve-t-elle puérile, tu n’en sais rien et au final, tu t’en fiches un peu, comme toujours, tu as l’habitude au final. Tu l’écoutes te répondre mais au final, est-ce que tu l’écoutes vraiment? Tu ne sais plus trop.

-Je sais que je dois lui dire, que je dois me libérer de ce poids.

Ce sont les seuls mots qui sortent de ta bouche, sans doute que tu ne sais plus quoi répondre. Sans doute n’as tu plus aucun arguments derrière lesquels te cacher. Non, c’est fini, tu ne peux plus te cacher, tu dois avancer le regard tourné vers l’avenir et non vers le passé. Tu dois effacer ce poids pour pouvoir avancer sans regrets. Mais ça te fait peur, tu ne sais pas si tu y arriveras, parce qu’au final, tu n’es pas aussi forte que tu aimerais le faire croire, ce n’est qu’une façade, ça l’a toujours été et ça le sera toujours. Tu es faible, même si tu n’aimes pas le reconnaître, tu es faibles, tu t’es affaiblies durant ces dernières années, tu est aussi fragile qu’une poupée qui peut se briser au moindre choc. Voilà ce que tu es, tout simplement. Tu ranges cette tasse que tu tiens depuis plusieurs minutes, ton regard est vide, ton visage fatiguée, tu es à bout, tu n’as presque plus de force. Ces regrets ont fini par avoir raison de toi, ils te tuent à petit feu sans même que tu ne prennes la peine de lutter contre, tu te laisses aller, tout simplement...


©️ 2981 12289 0
Takeuchi Miya» Admin ♥
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Ven 6 Avr - 22:42
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"Let's have a drink and talk"
ft. Karen


La vie n’était pas facile et si elle l’était, ça ferait sûrement longtemps que ça se saurait. Malheureusement, ce n’était pas en restant écrasé au sol qu’on s’en sortirait, Miya avait toujours songé de cette façon même si elle n’était pas en mesure de s’en rappeler à l’heure actuelle. Elle ignorait à quel point sa vie était magnifique auparavant mais qu’à cause de la jalousie d’une de ses plus proches amies, elle était tombée en enfer. Elle n’avait pas conscience de ce qu’il se passait autour d’elle ni de cet amour qu’on lui avait arraché si brutalement… Pourtant, elle ne pleurait pas sur son sort, elle ne pleurait pas sur sa mémoire perdue mais se battait afin de la retrouver, elle l’espérait, afin de reconstruire son histoire qu’elle avait oublié. Ce n’était pas grave si elle ne se rappelait pas cependant elle avait envie de savoir, elle avait envie de connaître exactement chaque parcelle de son existence, ce qui avait fait d’elle une personne aussi exceptionnelle, pourquoi on l’aimait, pourquoi on la détestait, et ce qui était différent aujourd’hui de celle qu’elle était auparavant. Sa vie à elle non plus n’était pas simple cependant elle ne s’en plaignait pas, elle prenait les devant et tenter de corriger ce qui la dérangeait. Pourquoi Karen ne faisait-elle pas pareil ? Pourquoi s’apitoyait-elle de cette manière ? Cela n’apporterait rien de bien dans sa vie si ce n’était de la souffrance et du chagrin. Miya respectait sa tristesse, autant qu’elle acceptait de le comprendre néanmoins pouvait-on lui en vouloir d’avoir souhaité la secouer ? Parce que non, la jeune femme n’irait jamais loin en pleurant… Il fallait agir et ce, peu importait à quel point les conséquences de ses actes seraient difficiles à supporter. Mais au moins, cela lui permettrait de pouvoir enfin tourner la page non ? La serveuse avait passé ses années à se braquer, à nier le moindre de ses regrets et de ses sentiments, elle n’avait jamais avancé hors si elle se l’avouait, si elle osait l’avouer à cet homme qui avait partagé sa vie, ce serait un énorme pas en avant.

Finissant son verre, la pompière le déposa sur le comptoir avant de poser son regard vers sa vis-à-vis et de lui sourire dans un hochement de tête. « C’est bien si tu as conscience de cela, c’est le plus important. » Après, la jeune femme espérait qu’il ne s’agissait pas là de simples paroles lancées dans le vent. Se saisissant de sa veste, elle quitta son tabouret afin de la placer autour de ses épaules puis déposa quelques yens en guise de règlement à côté de sa peinte vide. « Dans ce cas, je te souhaite bonne chance alors. Et si tu as besoin, n’hésite pas ! » Ce n’était pas comme si elle ne venait pas souvent dans son bar de toute façon. Sans jamais effacer l’esquisse qui décorait ses lèvres, elle salua gentiment sa camarade, il était grand temps d’y aller, elle travaillait le lendemain.



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